énergies

Plus de temps, plus d’argent : l’EPR de Flamanville vire au mauvais plan

julia-beurq

200%
C'est l'augmentation du coût de l'EPR de Flamanville Partager sur twitter

depuis le début de sa construction en 2007

numérisation

Pour payer ses impôts en ligne… Encore faut-il une ligne !

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À l'écart des outils numériques, des citoyens risquent de se perdre dans un environnement dématérialisé. (Illustration CC BY Daniel Jensen)

Le lancement des déclarations d’impôts ? Nous y voilà ! Sans doute faites-vous partie de ces Français qui réalisent leurs démarches en ligne. À mesure qu’elles se généralisent et deviennent obligatoires, ne vont-elles pas creuser une fracture numérique au sein de la population ?

En attendant l’arrivée du prélèvement à la source en janvier 2019, la campagne de déclaration 2018 des impôts vient d’être lancée ce 10 mars. Opter pour la traditionnelle version papier préremplie reste toujours possible, même si un nombre croissant de contribuables se tournent désormais vers Internet. La « télédéclaration », comme on la surnomme, n’a aujourd’hui plus grand-chose de novateur : elle fête en effet ses quinze ans et constitue une habitude pour les citoyens connectés.

En 2017, une étape symbolique a été franchie. Pour la première fois, une majorité de Français a opté pour la télédéclaration, soit près de 19 millions de personnes à travers le territoire. « Chaque année, la vague monte un peu plus », réagissaient les médias, relatant un phénomène qui semble inexorable. Cette « vague » s’explique en grande partie par la place prépondérante d’Internet dans notre quotidien. Pour s’en convaincre, rappelons-nous qu’en 2016, 86% des Français étaient connectés à leur domicile. Bien plus qu’en l’an 2000, où ce taux ne dépassait pas 15%.

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Twitter

Internet a une mémoire, gare aux anciens tweets mal Placé !

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Les dérapages ne sont pas toujours contrôlés. (Illustration CC BY-SA Lionel Antoni)

Nombreux sont les élus à utiliser Twitter et les réseaux sociaux au quotidien, un outil qui se retourne parfois contre eux. Qu’on se le dise : sur Internet, l’amnésie ne dure jamais bien longtemps !

Interpellé à Paris dans la nuit du 4 au 5 avril, l’écologiste Jean-Vincent Placé en prend pour son grade. « Cliente d’un bar, vigiles puis policiers, l’ancien sénateur et ministre, en état d’ébriété, n’a épargné personne », résume ainsi Le Parisien. À l’issue de sa garde à vue, l’intéressé a toutes les chances d’être poursuivi pour « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Interpellé en état d’ivresse, Jean-Vincent Placé s’est retrouvé dans un tourbillon médiatique. Sans tarder, son dernier message sur Twitter a été remarqué par des internautes. Il s’agit plus précisément d’un « retweet », publication d’une autre internaute relayée à ses propres abonnés. Quelques mots pour le moins… Prémonitoires.

burn-out

À La Poste, l’avenir se conquiert sans les facteurs

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Face à ces mécontentements, La Poste invoque de son côté la chute drastique du courrier qui impose de s’adapter (Illustration CC BY-SA Alexandre Duret-Lutz)

Dans toute la France, les grèves et manifestations de facteurs se multiplient depuis un mois. En cause, une nouvelle organisation du travail décidée par la direction. Les facteurs craignent une accélération de la course à la productivité dans laquelle est engagée l’entreprise depuis dix ans pour sauver sa branche courrier et faire face à une concurrence accrue.

Leur mécontentement passerait presque inaperçu tant la grève des cheminots focalise l’attention médiatique cette semaine. Pourtant, depuis un mois, un peu partout en France, des facteurs de La Poste se mobilisent, entrent en grève ou manifestent. En cause, une énième réorganisation de leur travail décidée par la direction. À Rennes, notamment, le mouvement de protestation initié dès janvier a atteint son acmé le 3 avril dernier, lorsque plusieurs postiers (en grève depuis plus de 80 jours) ont procédé au blocage de la plateforme industrielle du courrier de Noyal-Châtillon-Sur-Seine. Comme le rapporte Ouest-France, leurs revendications portaient sur « le refus de l’organisation en méridienne, le maintien des emplois et de toutes les tournées de facteurs ainsi que la réduction de la précarité, le refus des tournées  »sacoches » qui mettent les facteurs hors du bureau toute la journée et le refus de la précarisation et le comblement des emplois. »

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Les petites gouttes

D’une agence de com’ à un atelier de poterie, le grand écart d’Amandine, « enfin libre »

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Dans son essai, Éloge du carburateur, Matthew Crawford raconte comment après avoir travaillé dans un think-tank il a opéré un changement radical dans sa vie professionnelle. « La génération actuelle de révolutionnaires du management s’emploie à inculquer de force la flexibilité aux salariés et considère l’éthos [la manière d’être, NDLR] artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l’exemple du consultant en gestion, vibrionnant d’une tâche à l’autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le plombier accroupi sous l’évier, la raie des fesses à l’air. »

Dans une interview publiée sur L’imprévu en août 2017, Daniele Linhart revenait sur le scandale France Telecom et sur la manière dont on avait dépossédé petit à petit les salariés les plus techniquement qualifiés de leurs spécificités. Elle expliquait également comment l’idée « que chacun doit être entrepreneur de son employabilité et savoir perdre son travail pour pouvoir en retrouver un ailleurs » est à présent bien ancrée dans le monde du travail.

Les créateurs ou repreneurs d’entreprise peuvent bénéficier d’une série d’aides de la part de Pôle emploi : exonération des cotisations, récupération de la moitié des indemnités restantes pour les verser au capital de son entreprise, etc.

Amandine, une petite goutte qui a quitté le monde du graphisme pour devenir céramiste. (Illustration Caroline Pageaud)

Un jour, une petite goutte a fait déborder leur vase. Grégor, Amandine, Axelle, Luc et les autres, trentenaires, ont tout plaqué pour changer de travail et de vie. Pauline Antipot, réalisatrice du documentaire Les Petites Gouttes, duquel nous sommes partenaires, nous embarque cette semaine avec Amandine, ancienne graphiste aujourd’hui artisane céramiste à Toulon.

Pour présenter Amandine, tu dis qu’elle se définit comme une « apprenante » qui n’a plus peur. C’est ce qui t’a marquée dans son (nouveau) rapport au travail ?

Amandine me ressemble beaucoup dans son parcours professionnel : elle a fait des études, est ensuite entrée dans une agence de communication web à Toulon et a connu le monde de l’open space, de la cool attitude. Ce qui m’a frappée, c’est qu’elle est déterminée : à partir du moment où elle a décidé qu’elle voulait tout changer, elle a tout mis en œuvre pour que ça puisse arriver. Elle a d’abord fait un stage de céramiste, puis une demande de congé individuel de formation qui lui a été refusé. Elle a alors insisté et a obtenu de passer un CAP. Ce n’est pas du tout la même chose qu’obtenir un bac +6, c’est vraiment faire autre chose que de faire des études derrière un ordinateur !

Agriculteurs

Faucheurs volontaires : nouveaux OGM, vieilles luttes

julia-beurq

En 2011, l’INRA et le CNRS ont publié une étude sur les VrTH qui a mis en avant des risques de contamination des parcelles voisines, similaires à ceux liés aux OGM. Ces mêmes risques avaient d’ailleurs poussé le gouvernement à suspendre en 2008, le colza transgénique.

Après l'interdiction des OGM en 2008, les "faucheurs volontaires" ont de nouveau engagés dans une nouvelle lutte contre les "nouveaux OGM". (Illustration CC BY-SA DocteurCosmos)

Alors que les OGM ont été interdits en France il y a dix ans, les « faucheurs volontaires » ont ressorti leur faux. Depuis 2010, ils sont engagés dans une nouvelle lutte contre ce qu'ils appellent les « nouveaux OGM ».

Les OGM de retour dans le débat public ? Ces 5 et 6 avril, 36 militants anti-OGM devaient se rendre à la barre du tribunal de Dijon pour avoir détruit plusieurs parcelles de colza en Côte d’Or, le 28 novembre 2016. Finalement repoussée à une date ultérieure, leur comparution mérite que l’on s’y attarde, surtout devant l’importance des enjeux qu’elle soulève. Les « faucheurs volontaires » incriminés n’avaient, pour une fois, pas focalisé leur lutte contre des plantes à l’ADN directement modifié. Dans leur viseur ce jour-là, du colza qui ne trépasse pas au passage de désherbant. Des VrTH (pour Variétés rendues tolérantes à un herbicide) que les militants surnomment « les nouveaux OGM », ou encore les « OGM cachés », et qu’ils ont prises comme nouvelle cible de leur combat, dix ans après avoir réussi à faire interdire la culture d’OGM sur le territoire français.

À une décennie d’intervalle donc, la lutte des « faucheurs » vise une nouvelle cible, mais les desseins et les acteurs du combat sont bien les mêmes : défendre la préservation de l’environnement contre les semenciers pourvoyeurs d’OGM et de VrTH. « Nous sommes dans la même situation qu’en 1998 », haute époque de la lutte contre les OGM, estimait en 2015 dans le Journal de l’environnement Patrick Rivolet, porte-parole d’un collectif visant à protéger la biodiversité et les abeilles, les papillons et autres pollinisateurs. La question qui se pose sera de savoir si le combat contre les « nouveaux OGM » aura le même dénouement que le précédent.